Le coefficient de conversion de l’électricité dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9 depuis le 1er janvier 2026. Ce changement modifie la rentabilité prévisionnelle de certains biens sans qu’aucun travaux n’ait été réalisé. Un projet immobilier qui ignore cette donnée part avec un tableur faux.
DPE 2026 et valeur locative : recalculer avant d’acheter
L’abaissement du coefficient de conversion de l’électricité permet à des logements auparavant classés F ou G d’améliorer leur étiquette énergétique. Une actualisation peut être demandée gratuitement via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe. Pour un investisseur, cela change deux paramètres en même temps : le loyer applicable et l’éligibilité à la location.
Les loyers des logements classés A à D progressent, tandis que ceux des biens F et G reculent nettement. L’écart de valeur locative entre un bien reclassé E et un bien resté G se creuse. Nous recommandons de systématiquement demander l’actualisation du DPE avant de modéliser le rendement locatif.
Acheter un bien classé F avec chauffage électrique sans vérifier son reclassement potentiel revient à surpayer le risque. À l’inverse, un reclassement en E ou D supprime l’interdiction de location à venir et repositionne le bien sur un segment de loyers en hausse. Les annonces disponibles sur le site Immobilier Barbe permettent de comparer les étiquettes énergétiques des biens en vente et d’identifier ces opportunités de reclassement.

Financement du crédit immobilier locatif : contexte de taux et sélectivité bancaire
Les taux des nouveaux crédits à l’habitat sont repartis à la hausse début 2026, après une détente observée en 2024 et 2025. La Banque de France et l’ACPR confirment que l’accès au crédit reste sélectif pour l’investissement locatif. La part de ce segment dans la production totale de crédits à l’habitat a diminué en 2025.
Cette sélectivité se traduit par des exigences renforcées sur le reste à vivre, le taux d’endettement et l’apport. Un dossier d’investissement locatif sera scruté plus sévèrement qu’un dossier de résidence principale, y compris à revenus équivalents.
Structurer son dossier bancaire pour un prêt locatif
Le levier du crédit reste pertinent, mais nous observons que les banques valorisent désormais trois critères plus que d’autres :
- Le reste à vivre après charges (et non simplement le taux d’endettement brut), ce qui pénalise les profils ayant déjà un crédit résidence principale important.
- La qualité du bien ciblé : un logement bien classé au DPE (A à D) obtient un financement plus fluide qu’une passoire thermique nécessitant des travaux.
- L’historique d’épargne régulière sur les douze derniers mois, qui démontre une capacité de gestion budgétaire indépendante du revenu brut.
Présenter un prévisionnel locatif réaliste, intégrant la vacance locative et les charges de copropriété, renforce la crédibilité du dossier. Un taux d’occupation prévisionnel de 100 % déclenche systématiquement une alerte côté analyste.
Régime fiscal du locatif : LMNP, régime réel et arbitrages à connaître
Le choix entre le régime micro-BIC et le régime réel en LMNP conditionne directement la rentabilité nette. Le régime réel permet la déduction de l’amortissement du bien, des intérêts d’emprunt, des travaux et des frais de gestion. Sur un bien ancien nécessitant de la rénovation, le régime réel réduit souvent l’imposition sur les loyers à zéro pendant plusieurs années.
Nous observons que beaucoup d’investisseurs restent en micro-BIC par défaut, faute d’avoir modélisé la comparaison. L’abattement forfaitaire du micro-BIC paraît simple, mais il devient défavorable dès que les charges réelles dépassent ce forfait, ce qui est fréquent sur un achat avec crédit et travaux.
IFI et résidences secondaires : un piège de valorisation
L’investissement locatif entre dans l’assiette de l’IFI dès lors que le patrimoine immobilier net dépasse le seuil. La valorisation retenue n’est pas le prix d’achat mais la valeur vénale au 1er janvier. Un bien acheté avec décote dans un marché en reprise peut voir sa valeur IFI augmenter rapidement, érodant le rendement net. Intégrer l’IFI dans le calcul de rentabilité dès la phase de prospection évite les mauvaises surprises à partir de la troisième année de détention.

Marché locatif tendu : où la vacance reste faible et pourquoi
La rareté de l’offre locative maintient une vacance basse dans les zones recherchées. La baisse de l’investissement locatif dans la production de crédits a mécaniquement réduit le nombre de nouveaux logements mis en location. Cette contraction de l’offre soutient les loyers dans les marchés tendus.
La tension locative n’est pas uniforme. Les logements bien classés au DPE captent la demande, tandis que les biens énergivores peinent à trouver preneur, y compris dans des zones historiquement tendues. Le DPE est devenu à la fois un risque réglementaire et un facteur de valeur locative.
Revente et plus-value : anticiper la liquidité du bien
Un bien locatif acheté pour son rendement doit aussi être évalué sous l’angle de la revente. La liquidité dépend du marché local, de la qualité du bien et de son étiquette énergétique. Un logement classé A à D se revend plus vite et avec une décote moindre qu’un bien classé F ou G, même dans un marché globalement porteur.
Le projet immobilier locatif ne se résume pas à un tableur de rendement brut. La rentabilité réelle intègre le DPE, la fiscalité, le coût du crédit et la liquidité à la revente. Négliger un seul de ces paramètres fausse l’ensemble du calcul, et les conditions de 2026 rendent chacun d’entre eux plus discriminant qu’il ne l’était il y a deux ans.



